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La filière forêt-bois.

CONTEXTE FORESTIER A LA REUNION

La forêt couvre plus de la moitié (53 %) du territoire de l’île soit 137 000 ha partagés entre :

  • le Domaine forestier public (géré) pour 101.000 ha
  • les franges de forêts privées pour 36.000 ha (étude « mi pentes » REGION 2002) dont 20.000 ha identifiés à vocation patrimoniale (ZNIEFF 1), constituées de formations naturelles plus ou moins dégradées, caractérisées par une propriété qui reste largement méconnue, non gérées et aménagées.

Sur cet ensemble, aujourd’hui 105 000 ha font partie du cœur du Parc National de la Réunion.
De fait, la partie cultivée et aménagée destinée à la production représente 3500 hectares en forêts publiques répartis essentiellement entre les peuplements de Cryptomeria du Japon (1600 ha) et de Tamarin des Hauts (1900 ha).

ETAT DES LIEUX ET STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE BOIS

  • Caractéristiques de la filière :
    • production locale de 4900m3 grumes en 2008 traitée exclusivement par« Sciages de Bourbon », nouvelle unité de sciages de l’île (première année d’activité),
    • importation de produits semis-finis 58000 T (données ORF 2002 –source Direction Régionale des Douanes),
    • 687 entreprises artisanales en activité dans la seconde transformation, majoritairement de petites tailles (< 5salariés), reparties pour 59% sur les secteurs du bois bâtiment et 41% dans le bois ameublement représentant un total de plus de 1700 emplois pour un chiffre d’affaires de 62M€ ( données 2006 - Chambre des Métiers et de l’Artisanat)
  • Orientations stratégiques :
    • doublement de la production locale (10000 m3) avec orientation vers une sylviculture de bois d’œuvre à forte valeur ajoutée d’essences nobles indigènes,
    • assurer la régularité et la qualité de l’approvisionnement en bois des entreprises de transformation artisanales en encourageant la fonction de service des importateurs/distributeurs (séchage/traitement des bois),
    • positionnement de la production locale par rapport aux produits finis importés sous l’angle de la spécificité et de la valeur patrimoniale,
    • positionnement stratégique commercial en privilégiant la différenciation à la standardisation dans l’ameublement (niche commerciale haut de gamme, agencement intérieur) et la satisfaction des contraintes normatives dans le bois bâtiment (maison ossature bois),
    • démarche qualité des entreprises artisanales avec accroissement qualitatif de la formation,
    • promotion et reconnaissance auprès des consommateurs et des prescripteurs, vers le développement d’un label ou marque collective de certification,
    • développement de référentiels et de normes adaptés aux spécificités climatiques et biotiques réunionnaises combiné à un effort de certification des produits locaux permettant un gain concurrentiel décisif dans la construction et la menuiserie face aux importations standardisées,
    • regroupement des transformateurs locaux au sein d’une structure permanente,
    • valorisation énergétique des boisements d’acacia mearnsii dans les forêts privées des Hauts de l’Ouest et du Sud de l’île.

PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE

  • Potentiel économique :
    Le potentiel économique reste minime mais jamais négligeable et très lié au BTP (accroissement de la population) et à l’artisanat de qualité (ébénisterie). L‘évolution du secteur a été fortement marquée depuis les années 1990 par une dégradation de ses principaux indicateurs économiques affectant à la fois les activités du bois bâtiment et celles de l’ameublement.
    En dépit de cet essoufflement, la filière conserve de réelles potentialités de développement avec :
    • le savoir faire réel et la transmission des compétences à travers l’apprentissage (203 / 1047 salariés),
    • la souplesse d’adaptation de l’appareil de production du fait de la physionomie de la filière pour des fabrications sur mesure, principal atout pour capter des marchés de niches,
    • la recherche de concepts innovants tant au niveau du design, de l’ergonomie, de la qualité que des essences utilisées
    • le marché local en expansion,
    • la croissance du parc de logement,
    • l’ouverture sur l’extérieur, notamment au sein de la Zone Océan Indien.
  • Freins et contraintes :
    • une production locale minime et sans extension de surface productive à viser, compte tenu de l’aménagement du territoire et des enjeux fonciers entre espaces agricoles, urbains et naturels,
    • une ressource située dans les Hauts de l’île majorant les coûts de mobilisation et de production,
    • les nombreuses contraintes sur les capacités de production des entreprises en matière d’approvisionnement, de moyens humains et matériels,
    • une perte des parts de marché face à la concurrence du métal, aluminium et PVC en menuiserie et des importations massives dans le meuble dit de « bas ou moyenne gamme » et la difficulté pour les entreprises à accompagner l’évolution du marché vers d’autres produits, d’autres matériaux et nouvelles normes,
    • une évolution de la formation en vue d’une plus grande harmonisation de la taille des filières de formation avec les besoins et l’évolution tendancielle des marchés du bois sur l’île restructurant certaines formations dans la menuiserie vers le bois bâtiment voire le bois ameublement.
  • Actions engagées :
    • élaboration des Orientations Régionales Forestière en 2002,
    • installation de la nouvelle unité de sciages « Sciages de Bourbon » à St Benoît depuis janvier 2008 avec pacte d’actionnariat garantissant l’achat de la totalité des sciages,
    • contrats d’approvisionnement quinquennal en Cryptomeria et Tamarin passés avec l’ONF sur la base de 11000m3 annuel,
    • valorisation de l’intégralité des résidus de sciages (supports de litière pour la filière avicole),
    • projet de création d’un pôle bois à proximité de la scierie sur la zone d’activités permettant d’offrir de nouvelles passerelles et opportunités à la filière,
    • plate-forme d’expertise et de mesure avec les laboratoires dédiés au bois,
    • étude sur la ressource et la mobilisation de l’Acacia mearnsii pour l’installation de petites unités de chauffage et de production d’énergie (co-génération) dans les Hauts de l’Ouest.
  • Mesures envisagées :
    • mener rapidement les études pour la certification des bois de Cryptomeria (fiche technique) permettant d’élargir les débouchés et de répondre notamment aux commandes publiques dans la construction,
    • soutenir les études de marchés pour le Cryptomeria et le Tamarin,
    • aider le débardage des bois en secteurs difficiles d’accès (exploitation par câble),
    • assurer l’accompagnement des politiques publiques et le maintien des conditions d’attractivité pour la mise en place effective du pôle bois à St Benoît et le regroupement des transformateurs locaux,
    • favoriser l’utilisation du bois dans le bâtiment en respectant les recommandations d’usage (termites et cyclones),
    • renforcer le niveau de la formation à travers notamment la mise en œuvre technique d’un institut de formation supérieure (post BTS) dans le secteur du bois construction et ameublement comme réponse aux besoins de la profession locale et des pays voisins,
    • contribuer à travers les activités de coopération à la mise en place d’un système de certification internationale de la gestion durables des forêts tropicales,
    • poursuivre les études sur la gestion des taillis d’Acacia mearnsii permettant de combiner valorisation énergétique d’une ressource disponible avec lutte contre cette espèce envahissante,
    • créer une structure de commercialisation entre les acteurs locaux de la filière bois (ou en relation avec les importateurs/distributeurs) sur une image différenciée, spécifique et culturelle dans la vente des productions locales.

Pour en savoir plus : les aides dans le domaine forestier